Curiosités : découvrez la Grenouille rouge géante de São-Tomé
Endémique de l'île de São Tomé (on ne la trouve nulle part ailleurs sur Terre), la Grenouille rouge géante de São Tomé (Hyperolius thomensis) a été découverte et décrite en 1886 par José Vicente Barbosa du Bocage, un zoologue et homme politique portugais (Ministre de la marine, puis des affaires étrangères dans les années 1880 - qui l’avait à l’époque rattachée au genre Nesionixalus).
Une espèce endémique à la stratégie de reproduction étonnante !
Hyperolius thomensis, D. Lin, California Academy of Sciences.
Très rarement observée, cette grenouille ne semble vivre que dans les forêts primaires qui poussent au-dessus de 1 000 mètres d’altitude où elle côtoie parfois une espèce qui lui est proche (Hyperolius molleri), qui est présente (surtout à plus basse altitude) dans les îles de São Tomé et de Príncipe. Elle s’en distingue cependant par sa taille, sa coloration et sa stratégie de reproduction. En effet, deux chercheurs R. C. Drewes et R. E. Stoelting qui ont passé dix semaines à chercher Hyperolius thomensis (et ne l’ont observé que deux fois), ont pu constater que les femelles de cette espèce pondent leurs œufs dans des trous remplis d’eau en hauteur dans des arbres contrairement aux femelles d’Hyperolius molleri qui pondent leurs œufs dans la végétation de mares ou de rivières à courant lent comme le font beaucoup d’autres amphibiens. Les deux chercheurs n’ont cependant pas pu identifier les espèces d’arbres où pondent les femelles d’Hyperolius thomensis et cette espèce a jusqu’à présent fait l’objet de trop peu d’observations pour bien comprendre sa biologie et connaître précisément sa distribution dans l’île de São Tomé. Cette espèce fera donc l’objet d’une attention particulière lors des prospections qui seront réalisées en février à l’occasion du Projet São Tomé-et-Príncipe, « archipel de biodiversité » afin de découvrir de nouvelles populations et si possible de mieux décrire les types de forêts où elle vit.
« Hyperolius thomensis a une stratégie de reproduction étonnante : les femelles déposent leurs œufs dans de petites poches d’eau accumulées en hauteur dans les arbres. Les têtards commencent ainsi leur développement au cœur de la forêt, loin des mares et des rivières. Un comportement encore très peu documenté chez cette grenouille extrêmement rarement observée.
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Sa biologie est méconnue malgré l'attrait de cette espèce pour les naturalistes. Comme tous les prioniens, la larve saproxylophage, doit consommer du bois en décomposition. Les mâles sont régulièrement attirés par les pièges lumineux.
Les prospections Microland à venir tenteront de porter une évaluation de la population existante sur l’Ile, et l’écologie de cette espèce endémique.